M.
Federico Vicario, représentant l'Observatoire de
langue frioulane de Udine, fait un aperçu de la
situation de cette langue en montrant que les premiers documents
écrits en frioulan datent depuis 1280 et qu'il y a
eu une production littéraire considérable aux
XIXème et XXème siècles.
Actuellement, la situation de cette langue est très
difficile, car des problèmes financiers et de personnel
spécialisé subsistent. En outre, la politique
linguistique est limitée à très peu de
secteurs. Dans le domaine de l'enseignement, la langue est
très peu représentée.
Le
nombre de locuteurs est réduit. La présence
de la langue frioulane au niveau des médias pourrait
vraisemblablement être plus importante.
3.5.
Présentation de la langue ladine
Mme
Nadia Chiochetti et M. Mathias Stuflesser présentent
la situation de la langue ladine. La situation est plutôt
optimiste. Les représentants de cette langue parlent
de la nécessité de dynamiser les organismes
qui s'occupent de la promotion et de la diffusion de la langue
ladine, car les problèmes se posent surtout au niveau
de la coordination et la coopération entre ces différents
organismes. Les représentants du Service de planification
et d'élaboration de la langue ladine font une démonstration
de la banque de données du SPELL, banque qui contient
les cinq variantes des différentes vallées où
cette langue est parlée et les équivalents en
italien et en allemand. Cette banque de données est
en phase finale et les données pourront être
publiées dans des glossaires.
Vendredi,
le 8 octobre 1999
4.
Ouverture de la 2ème journée de travail
M.
Nuñez Singala présente à l'assemblée
MM. Benxamin Dosí, Directeur Général
de la Politique Linguistique de la Xunta de Galicia
et José Sanchez Puga, Sous-Directeur de cet organisme.
M. Benxamin Dosí prend la parole et exprime sa satisfaction
de pouvoir accueillir en Galice une telle manifestation culturelle.
Il souligne que l'objectif principal de la politique linguistique
en Galice est actuellement la formation des enseignants de
galicien. Par ailleurs, il reconnaît l'importance de
la terminologie pour le développement du galicien et
rappelle que la création du Centre de terminologie
TermiGal, service qui collabore avec la Real Academia
Gallega, a pour objectif de s'occuper de ce genre de développement.
5.
Intervention de M. Bréhima Doumbia
M.
Bréhima Doumbia, représentant de l'Agence
de la francophonie, fait une présentation de l'organisme
qu'il représente et des projets mis en place par la
Direction des langues et de l'écrit concernant
les langues transnationales et les langues partenaires en
Afrique. M. Doumbia montre que l'expérience des langues
minoritaires en Europe est d'une grande utilité pour
les langues d'Afrique car ces dernières sont plutôt
orales et il faut les localiser, les revaloriser et les instrumentaliser.
L'Agence, par ses projets, vise à aider les États
à développer ces langues pour qu'elles puissent
être employées dans les domaines des médias
et de l'enseignement. M. Doumbia considère que l'Agence
de la francophonie pourrait, en collaboration avec l'Union
Latine, dégager une plate-forme de travail en faveur
des langues nationales du Sud.
6.
Intervention de M. Loïc Depecker
M.
Loïc Depecker de l'Université de la Sorbonne
Nouvelle - Paris III parle de son expérience dans
le cadre de l'aménagement terminologique en France
et fait une présentation des questions théoriques
et pratiques dans le domaine de la terminologie en insistant
sur plusieurs problèmes importants : terminologie et
linguistique, terminographie et lexicographie, terminologie
et phraséologie, terminotique, implantation terminologique.
M. Depecker considère que le projet LINMITER est particulièrement
intéressant et il exprime sa confiance en la capacité
de la direction de l'Union Latine de convaincre la
Commission des Communautés européennes à
travailler sur ce sujet passionnant et aider ainsi ces langues
à se reproduire. M. Depecker affirme que pour aider ces langues,
il faut envisager trois étapes dans la suite de ce
projet : donner les informations nécessaires pour que
les représentants de ces langues puissent savoir avec
qui ils pourraient collaborer et travailler ; former des spécialistes
en matière de terminologie ; donner des outils pour
que ces langues puissent évoluer.
7.
Intervention de M. Daniel Prado
M.
Daniel Prado présente des informations sur l'organisation
de la terminologie dans le monde et la coopération
entre tous les organismes qui travaillent dans ce domaine
(associations nationales et internationales, centres de terminologie,
organisations internationales, réseaux). Ensuite, il
présente les travaux et les activités de l'Union
Latine et les projets dans lesquels l'UL est impliquée.
8.
Problématiques des langues étudiées et
projets de travail en commun
Mme
Ester Franquesa, Directrice de TermCat, présente
l'expérience de la terminologie catalane. Elle affirme
que la situation optimiste de cette langue aujourd'hui est
due d'abord à une politique terminologique très organisée
qui remonte aux années 1980. La politique terminologique
pour la langue catalane a été définie
à partir de 1985 sur la base d'un accord entre Departament
de Cultura de Generalitat de Catalunya et l'Institut d'Estudis
Catalans. La langue catalane a toujours été
utilisée comme langue de communication, mais aussi
comme langue technique.
Mme Franquesa informe que les chercheurs de TermCat ont
procédé au début à une collecte des informations
qui ont été systématisées, pour
passer ensuite à une étape d'élaboration
de nouveaux produits terminologiques. TermCat s'occupe
actuellement de la recherche en matière d'instruments
terminologiques, de la formation en terminologie, de l'élaboration
de terminologies, de la diffusion et l'implantation des termes,
en vérifiant que les termes sont insérés
dans le contexte adéquat.
Depuis 1994, TermCat a ressenti le besoin de se donner
une forme juridique afin de formaliser les échanges
et les liens avec le monde socio-économique. C'est
à partir de cette époque qu'un consortium a
été créé. En 1997, il y a eu des
modifications des statuts et trois départements ont
été créés, ceux de l'enseignement,
de la culture et de l'industrie.
Mme Franquesa souligne que TermCat ne s'occupe pas
de l'invention des termes, mais fait des études sur
les possibilités des formes existantes afin de procéder
à de nouvelles propositions en matière de terminologie.
La normalisation est conçue aujourd'hui en Catalogne
sous la forme d'un consensus et le Centre de terminologie
TermCat coordonne, mais n'impose pas les terminologies
élaborées.
M.
Jou estime que le bilan réalisé par l'Union
Latine est d'une grande importance pour la langue catalane.
La partie descriptive permet d'avoir un aperçu de la
situation actuelle et de comparer les langues étudiées
dans un contexte européen. Ensuite, M. Jou intervient
à propos de la relation très étroite
qui existe entre la politique linguistique et la politique
terminologique dans le pays catalan. L'entourage politique
et constitutionnel est essentiel. Tout travail théorique
entrepris aura beaucoup moins de possibilités d'aboutir
s'il n'y a pas d'appui officiel. Il faut surmonter des étapes
de façon homogène. M. Jou considère qu'il est
nécessaire de tenir compte au sein de ce projet de
la situation actuelle des langues étudiées et
ceci comme point de départ de toute action à
mener ultérieurement. M. Jou montre la difficulté
de travailler dans le domaine de la terminologie dans un cas
semblable, car il n'y a pas de cadre commun. La reconnaissance
politique et institutionnelle est fondamentale. Il considère
comme un exemple catégorique l'absence, à cette
réunion, des représentants des langues parlées
sur le territoire français. Le cadre politique linguistique
donne un véritable sens au cadre terminologique. En
même temps, s'il n'y a pas de travail lexicographique
préalable, il sera très difficile de travailler
dans le domaine de la terminologie, la terminologie ayant
comme fonction de compléter la langue. De plus, le
travail terminologique a très peu de sens en dehors
du cadre universitaire s'il n'y a pas de possibilités
d'implanter la production terminologique dans le domaine du
marché et de la vie quotidienne. En Catalogne, la dernière
législation concernant la langue catalane est centrée
sur la diffusion de la terminologie dans le monde économique
et habituel ou journalier des entreprises : banques, compagnies
d'assurance, etc.
Le
gouvernement a signé une convention de collaboration
pour adapter la documentation des contrats commerciaux, polices
d'assurance, textes institutionnels, etc. Dans le cas de l'informatique,
WINDOWS 98 comprend une composante terminologique et les aspects
de dialogue avec la machine en langue catalane.
M.
Daniel Prado fait la distinction entre trois groupes de langues
en fonction de leur développement terminologique :
un premier groupe constitué par le catalan et le galicien
; un 2ème groupe, intermédiaire, qui comprend
seulement le ladin ; un troisième groupe qui comprend
le frioulan et le sarde. (Il s'agit seulement des langues
dont les représentants participent à cette réunion).
M. Prado insiste sur la différence de politique linguistique
des trois États sur le territoire desquels ces langues
sont parlées et qui détermine la différence
de leur développement. Pour le catalan et le galicien,
il y a déjà une tradition terminologique, un
grand nombre de travaux et une politique d'implantation terminologique.
Le ladin revient en deuxième place avec une bonne activité
lexicographique et un bon début dans l'élaboration
d'outils terminologiques. M. Prado estime que pour les autres
langues étudiées par ce projet, la situation
est plus délicate et que ce sera dfficile de créer
des terminologies.
9.
Conclusions
Les
travaux de cette réunion ont démontré
une grande disparité entre ces langues latines minoritaires.
M. Daniel Prado considère qu'il faut soumettre une
suite de ce projet à la Commission des Communautés
européennes, compte tenu des demandes et des besoins spécifiés
par les représentants de ces langues et du rapport
d'évaluation présenté par l'Union Latine
qui fait apparaître des disparités considérables
en ce qui concerne le degré de leur développement,
avec plusieurs propositions, comme :